La HAICA et la régulation de l’audiovisuel tunisien: la concertation pour sortir de l’impasse

Prise dans les feux croisés des passions politiques, La HAICA a souvent du mal à s’imposer dans un espace audiovisuel où la liberté de s’exprimer et d’entreprendre confine à l’excès quand elle se fait au détriment de la déontologie et de la saine concurrence. parviendra-t-elle à fonctionner d’une manière autonome et efficace ?

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Annoncée dans la ferveur révolutionnaire en 2011, entrée en fonction en mai 2013 après de nombreux reports et tergiversations, la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) ne cesse de provoquer débats et polémiques à chacune de ses initiatives. Confrontée à la question de la légitimité, elle semble avoir du mal à s’imposer comme autorité régulatrice de l’espace audiovisuel tunisien.

Au-delà de sa mise en place difficile, qui pourrait s’expliquer par le seul contexte de la transition, marqué par de forts tiraillements politiques, la HAICA semble rencontrer des résistances à cause du manque de tradition en matière de régulation et souvent de l’inquiétude d’un retour en arrière dans le domaine des libertés. Les résistances sont aussi motivées par la tentation autoritaire que certains imputent aux membres de la HAICA. Ces critiques viennent essentiellement des patrons de la presse tentés par un modèle libéral avec le risque de voir se développer des monopoles et que les propriétaires des chaines deviennent les contrôleurs du débat politique.

Si la HAICA semble avoir réussi sa mission de veille sur l’action des médias pendant les élections législatives et présidentielles fin 2014, son conflit avec des chaînes en situation irrégulière a relancé le débat sur les fonctions et les limites de la HAICA.

Il apparaît de plus en plus évident que la Haute autorité ne pourra pas s’imposer par un système contraignant mais en se posant comme autorité morale et consensuelle. Et pour cela il faudrait qu’elle s’émancipe le plus possible des enjeux partisans.